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La conservation des ruines

Dès la Libération, Oradour est devenu le symbole, en France, du crime contre l’Humanité accompli par la barbarie nazie. En novembre 1944, le Gouvernement provisoire de la République, présidé par le général de GAULLE, décide de conserver les ruines du village martyr et de construire à proximité un nouveau village. En 1946, la loi du 10 mai confirme ces dispositions et classe le village martyr parmi les monuments historiques.

Le site est depuis une propriété de l’État gérée par le ministère de la Culture. Avec le concours des 3 agents d’accueil et de surveillance, ce ministère assure les conditions de leur ouverture au public (au moins 300 000 personnes le visitent chaque année). Cette mission exige une vigilance particulière compte-tenu de la nature des lieux.

Appuyé sur l’architecte des bâtiments de France, le ministère de la Culture veille également à la conservation physique des ruines. Tous les ans, l’Etat consacre 150 000 euros à l’entretien des murs d’Oradour. Cette responsabilité pose aujourd’hui une question majeure : comment conserver un site qui subit l’inexorable usure du temps ? Qu’en restera-t-il dans les prochains siècles ? Cette interrogation n’est pas neuve mais elle prend, avec le temps, de plus en plus d’acuité.

Dès 1994, la Commission supérieure des monuments historiques s’en est emparée. Dans sa conclusion, elle a estimé qu’il « convenait d’accompagner l’évolution inéluctable des ruines, de sorte que l’Etat conserve sans restituer et assure la sécurité du public et une survivance douce du site, en concentrant spécialement ses efforts sur le quartier de l’église, porteur de l’essentiel du symbole ».

En avril 2013, Raymond FRUGIER, maire d’Oradour-sur-Glane, s’est inquiété de la conservation du site dans le temps. Sa position est la suivante : pour des questions mémorielles, il faut conserver les vestiges le plus longtemps possible. S’il advenait que l’ensemble des ruines ne puisse être consolidé, il conviendrait alors, puisque certains pans de murs s’effondrent chaque année, de concentrer les moyens sur des périmètres qu’il faudrait déterminer. L’Eglise, lieu symbole de la barbarie, les granges, lieux de supplice où ont été regroupés les hommes, la rue principale et celle qui accède au CMO doivent être privilégiées.